Alors comme ça on sort des films en 3D ailleurs qu’au Futuroscope, et tout le monde s’en fout ?

Certes il est difficile d’équiper une salle de deux projecteurs polarisés, de proposer des lunettes, et en sachant que les films en 3D ne sont pas si nombreux que cela… Et certes ma salle était presque vide… mais quand même !

Comment ça marche ?

Vous avez deux yeux. Si si ! Et c’est grâce à cela que nous voyons la profondeur.
Le fait est que l’œil, comme une caméra ou un appareil photo, ne voit qu’une image plate. Mais avec vos deux yeux, vous envoyez en fait deux images avec votre cerveau. Et deux images pas identiques, puisque vos yeux ne sont pas au même endroit.

Faites le test vous même devant votre ordi. Placez votre index à 10 centimètres de votre nez, et fermez un œil, puis l’autre. Chaque œil verra une image différente, et par rapport à votre écran d’ordi, le doigt aura l’air plus à gauche ou plus à droite.
Voici une illustration de cela, si vous regardiez, de votre vaisseau spatial, un autre vaisseau :

La planète et les étoiles sont très très loin, et vos yeux sont si peu éloignés qu’ils voient le « fond » de manière identique. Par contre, le vaisseau, plus près, sera un peu décalé.

Le cerveau, qui déchire, remarquera les objets décalés, et en déduira leur profondeur. Plus un objet est décalé, plus il est proche de vous. Ainsi dans votre tête, vous n’avez pas une image, mais une scène 3D.

Jusque là, je ne pense pas vous avoir appris grand chose.

Mais le fait est qu’avec le cinéma, on ne donne qu’une image. Vos deux yeux voient donc strictement la même chose, le cerveau ne reconstitue pas une image 3D. Vous appréciez aussi bien le cinéma qu’un borgne.
Or, de même qu’on est passé du son mono au stéréo, ne serait-il pas temps de faire des images pour nos deux yeux au lieu d’un seul ?

Comment ça marche ? Et bien déjà on filme avec deux caméras, tout comme on regardait avec deux yeux (ou une caméra à lentille double).
Et comme un on a qu’une seul écran géant dans le ciné, et surtout qu’il n’est pas facile de dire à un œil de regarder un écran particulier que l’autre regarde l’autre écran, on va envoyer les images sur un écran unique, et utiliser un procédé pour que chaque œil voit que ce que regardait la caméra qui lui est adaptée.

Donc déjà, sur l’écran on verra cela : les deux images projetées en même temps. Cela donne souvent une impression de « flou ».

Il y a nombres de techniques pour re-séparer l’image, mais je ne citerai ici que le plus classique et efficace, et utilisée dans les cinémas 3D : la polarisation.

Explication totalement simplifiée de la polarisation (ou parce que la page Wikipedia, c’est grave complexe) :
Ce qu’on voit, c’est de la lumière qui rentre dans nos yeux, et le cinéma, c’est l’image qui est projetée sur un écran (avec de la lumière).
La lumière peut être coupée en deux sous-lumières, que notre œil voit pareil mais avec moins d’intensité. La lumière « verticale » et « l’horizontale ».
Avec un plastique ou verre transparent mais polarisé, on peut choisir de ne faire passer à travers qu’une seule de ces composantes.
On passe donc à la polarisation, deux fois, chaque lumière. Une première devant le projecteur pour différentier la lumière pour œil gauche de la lumière d’œil droit. On dira donc que l’œil gauche à droit à de la lumière horizontale, et le droit de la verticale.
Ces deux lumières tapent sur l’écran pour revenir vers vos yeux. Sympa les lumières, elles ne s’embêtent pas du tout l’une l’autre. Sans lunettes spéciales, vous voyez donc la double image montrée plus haut.
Puis on vous donne des lunettes polarisées. La lumière verticale est stoppée pour l’œil gauche, vous ne voyez plus que la lumière horizontale, celle qu’on voulait vous donner au départ. Même procédé pour l’œil droit.

Moralité, vos deux yeux voient chacun une image différente. Votre cerveau est content et déduit les profondeurs des objets.

Je viens de remarquer que j’avais déjà décris le concept en plus brouillon dans cet article :
Les écrans 3D et leur application

Les effets sur un film

Déjà le coût. Une caméra spéciale, et tous les effets spéciaux à faire deux fois ! C’est toujours plus de travail.
A noter que pour les films d’animation en 3D, qui sont de plus en plus nombreux, ça ne coûte presque rien en plus, de placer une 2e caméra virtuelle qui suit la première…

Je pense d’ailleurs que le jour où les films 3D seront légions, tous les dessin animés de ce genre, tous les Pixars et les Shreks et autres, ressortiront en vraie 3D .

Ensuite la salle. Deux projecteurs (ou un seul projecteur mais super balèze), deux bandes (ou une méga balèze) a moins que ce soit un gros fichier numérique, technologie évitant enfin les traces de brulure après une utilisation, qui arrive assez lentement.
Des lunettes 3D. En plastique, elles ne semble pas coûter cher à faire. Pas lourdes, et plaçable devant vos propres lunettes si vous êtes bigleux comme moi, pas dérangeantes à mon goût. C’est un petit prix à payer pour une meilleure image.
Par contre le jour où la technologie se fait en home cinéma, penser à en avoir assez chez soi si vous avez de nombreux invités !

Et enfin, une meilleure image.
Et oui je le dis tout net, la 3D c’est pas pour faire déplacer un poisson juste devant vos yeux, mais bien pour améliorer la qualité de l’image. C’est d’après la suite logique du haut définition.
Notre cerveau interprète bien mieux une scène 3D qu’une image plate. Et là, on a enfin la scène. On y gagne un confort d’image inimaginable. Que ce soit pour les plans proches ou lointains.

C’est simple, sur le plan proche, on « voit » le nez de l’acteur/trice pointer vers nous. On voit une personne et non une photo. Et c’est super bon.
Sur le plan lointain, tout particulièrement avec quelques trucs en avant-plan, alors on sent vraiment une immense profondeur dans le champs. Si vous trouvez cette image sympa, alors imaginez en 3D…

Enfin, autre avantage, le sous-titrage. Et bien oui, s’il y en a, le texte est mis en avant plan, et, je vous l’assure, il est loin devant les personnages, il est devant vous, et il est sacrément plus lisible !
Oui, grâce à la 3D, sans agrandir du texte, juste en le plaçant deux fois et décalé, il est plus proche et plus lisible.

Bien sûr il y a des défauts. Vous les attendiez hein ?
Il y en a, mais de mon point de vue ils ne surpassent pas les avantages.

Alors je ne sais pas (plus?) ce que ressent un type qui n’a jamais porté de lunettes, alors qu’il doit d’un coup se taper des lunettes pas sans poids non plus, pendant deux heures. D’autant que ça réduit le champs de vision.

Ensuite, l’un des membres de l’équipe Twivi dit qu’au milieu du film, il avait mal aux yeux.

Enfin, les bords de l’écran sont un problème en 3D. Car l’œil n’est pas habitué à avoir des limites. Et quand un objet proche touche un bord, un morceau de l’objet 3D disparait dans le rien, voire pire, est visible sur une polarité, mais pas sur l’autre. Si on est en joie lorsque l’on voit un caillou tomber lentement juste devant nous, on a un petit choc lorsqu’il se volatilise en bas, alors que le plan n’a pas changé.

Autre petit délire, il arrive parfois qu’un objet soit devant les sous-titres en terme de profondeur, mais bien sûr derrière le texte en terme d’image (ben oui il ne va pas cacher le texte…). Nous voyons donc une absurdité, comme si l’objet devant avait un trou d’exactement la forme et la taille du sous-titre.

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