No Country for Old Men

C’est avec un petit mois de retard avec la France que le dernier film des frères Coen a débarqué en Belgique. Après un Lady Killers un peu léger, j’avais fait l’impasse sur leur comédie « Intolérable Cruauté ». C’est donc avec une grande curiosité que j’ai pu voir No Country for Old Men, adaptation du livre éponyme de Cormac McCarthy.

En plein désert texan, Llewelyn Moss découvre par hasard des cadavres. Une transaction qui a mal tourné entre trafiquant de drogue mexicain et voilà notre héros qui ramène chez lui un petit pactole de 2 millions de dollars. Mais cette somme attise les convoitises. La mafia lui jette aux trousses un tueur psychopathe, Anton Chigurh alors que les mexicains sont bien décidés aussi à récupérer l’argent.

No Country for Old Men, le nouveau film des frères Coen
Llewelyn Moss en mauvaise posture

No Country for Old MenDès les premiers plans, on s’en prend plein les yeux. Le duo Coen maitrise à la perfection la réalisation, magnifié par le boulot de Roger Deakins, leur directeur de la photographie attitré. L’ouest américain, mille fois filmé, est d’une beauté à couper le souffle, mélange de solitude, de sauvagerie et de liberté. Puis survient le premier meurtre, une scène de strangulation particulièrement dure, plan séquence sur le corps qui se débat et le regard fou du meurtrier. Les thèmes du film sont donnés : la violence du monde et sa bestialité primaire.

L’acteur espagnol Javier Bardem (Jambon Jambon, Collateral…) campe un tueur implacable, machine à tuer quasi incontrôlable à l’efficacité redoutable. Sa manière de tuer, avec un appareil pour abattre le bétail, pourrait conférer au grotesque voire au rire, heureusement, le film ne cherche pas à titiller cette fibre à outrance, et quand il le fait, c’est dans la pure tradition de l’humour à froid du film noir. Le premier rôle est tenu par Josh Brolin (le veilleur de nuit, Grindhouse…) qui y joue le rôle d’un ouvrier qui tombe un valise plein de fric. A l’instar du personnage de Anton Chigurh, on le sens assez lointain du spectateur, plus occupé à survivre qu’à éprouver un quelconque sentiment humain. Tommy Lee Jones émerge peu à peu du film, vieux shérif blasé qui préfère rester loin des problèmes qui le dépassent. Car finalement, au delà du jeu du chat et de la souris mortel, le film veut traiter avant tout de la violence inhérente à l’humanité. Le film offre une vision primitive et profondément machiste du monde (les hommes s’entretuent, les vieux et les femmes comptent les morts) mais évite l’écueil de la morale lourde. Dès que Tommy Lee Jones commence à se lamenter sur « le monde est fou, c’était mieux avant », on le stoppe tout de suite en lui expliquant que la vie a toujours été violente.

tommy lee jones dans no country for old men
Tommy Lee Jones, vieux policier perdu

La beauté de l’image et la réalisation parfaite nous livrent un chassé croisé haletant, plein d’ingéniosité, de violences et de suspense. Pour autant, No Country for Old Men n’est pas exempt de défaut. Une fois la chasse à l’homme mis de coté, le film se perd dans les réflexions du vieil homme Tommy Lee Jones. C’est un peu comme si, arrivé à la fin de la narration, on se rappelait que le film devait parler des vieux largués dans un monde qui évolue malgré eux. S’ensuit près de 20 minutes de film brouillon et un finish complètement hors sujet. Du coup, une fois la lumière revenue dans la salle de cinéma, on se retrouve avec la frustration du travail inachevé. Dommage, le sans faute n’était pourtant pas loin…

Des visuels :

No Country for Old Men, le nouveau film des frères Coen

No Country for Old Men

No Country for Old Men

Fiche Technique

Titre original : No Country for Old Men
Titre français : Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme
Date de sortie en France : 23 janvier 2008

Réalisateur : Joel Coen & Ethan Coen

Casting

Sheriff Bell : Tommy Lee Jones
Anton Chigurh : Javier Bardem
Llewelyn Moss : Josh Brolin
Carson Wells : Woody Harrelson
Carla Jean : Kelly MacDonald
Wendell : Garret Dillahunt

6 COMMENTS

  1. Une fin qui vous fait regretter tout le reste. De très longues et assommantes réflexions après la dernière scène d’action… baclée !!

    Je ne conseillerai ce film à personne, justement à cause de cette fin absurde (20 minutes lentes et complètement différentes du reste du film, à croire qu’on a un effet Evangelion).
    Ou alors, allez voir le film, mais n’hésitez pas : sortez de la salle après le plan où Tommy Lee Jones regarde un corps à la morgue. Le film est fini.

  2. 4 récompenses aux oscars… c’était un très bon film, mais quand même…
    Et puis cette fin bâclée, le jury des oscars l’a pas vue ? Ils ont eu droit à une version Réduite 🙂 ?

    Troy

  3. j’li partout du bien de ce film, non, du super-bien de ce film!!!
    J’imagine que dire du bien de cette prod ratée est à la mode…VITE etre bobo! si je dis que y’a un énorme problème dans la narration sur le dernier quart, et que sans ce quart ce film n’est qu’un thriller/poursuite bien mené, je serai pas dans la coup ! VITE CRIONS AU GENIE!!!!!!!

  4. argggg mais quelle déception ! 1h30 excellente et blam, un finish moise qui gache tout. Les frères Coen n’avait plus de bobines qu’ils ont du torcher la fin en deux coups de cuillère ?

    Dommage… et la razzia sur les oscars en est d’autant plus ridicule.

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