Après un premier album composé de reprises de Metallica, un deuxième LP composé de reprises diverses venant du monde du métal et incluant également des compositions, le troisième opus d’Apocalyptica débarque. Reprenant les divers changements des albums précédents, l’évolution tant annoncée se poursuit, la chrysalide devient papillon. Presque entièrement composé par Apocalyptica, Cult est l’album d’un Apocalyptica qui a réussi à trouver sa voie et son compositeur. Eicca Topinen, accompagné de ses 3 comparses dissème toujours autant de collophane sur le métal. Antero Manninen remplacé par Perttu Kivilaasko, c’est un Apocalyptica mûr qui a vu le jour. Mariant les styles, refusant les conventions, Cult ouvre sur "Path", bonne synthèse de ce que dispense le groupe. Basse continuando très saturée, jouée près du chevalet, une mélodie qui s’envole s’élève au-dessus. Des arrangements modernes aux milieux d’influences classiques, où l’inverse… Les archets tréssautent, virevoltent, les violoncelles jouent les percussionnistes. Ont-ils perdus leur authenticité en débauchant des percussions, qui ne sont plus seulement assurées grâce aux violoncelles, mais grâce à cimbales et consorts ? Sûrement pas. Alliant morceaux calmes, voir romantiques, aux compositions hargneuses et rageuses de Eicca, Cult est une connection étonnante, une collusion et une collision du métal et du classique. En parlant de romantique, "Romance" vient juste à point nommé pour illustrer magnifiquement la capacité d’Apocalyptica à engendré des morceaux mélodiques, ou classicisme rime avec modernisme. Les mélodies s’envolent au gré du vent. Comme Métal est souvent collé à côté de Apocalyptica, "Pray ! " montre le côté obscur du violoncelle, une densité et une clairté qui se retrouve dans Inquisition symphony. Explorant une dimension inconnue et étrange, la musique est abordée différement grâce aux possibilités nouvelles du violoncelle, et de la manière dont il est joué. Morceau empreint d’une grande mélancolie, d’une noirceur, et d’une profonde affection, "In memoriam" est dédicacé à la mémoire de l’ingénieur du son Tapsa Vihersaari. Introduction mélancolique, à 1 minute 14, c’est la furie qui se déchaine, une mélodie torturée, montante, descandante, aidée par une basse incessante, qui martele sa ligne. Désespoir et colère semble s’être donné rendez-vous dans ce morçeau. C’est toute la justesse des arrangements d’Apocalyptica qui fait la différence. Hyperventilation, prenez bien votre respiration, et puis plongez. Changement de tempo, lignes dévastatrices, cymbale importune, imprévisible, glissando hurlant, passage calme et tendu… Arpèges innovants, fond sonore qui appuie la mélodie, tout Apocalyptica est là, "Beyond time". Avec sa mélodie porteuse d’espoir qui sort des tranchées, la broderie tissée est indesciptible, si précise, et si grossière, non une main de fer dans un gant de velours, mais l’inverse. En dehors des annecdotiques reprises qui propulsèrent les finlandais, Apocalyptica trace maintenant son chemin de lui même. "Kaamos", ses changements de rythmes et l’utilisation inhabituelle des percussions. Une montée progrssive en puissance, en volume, puis plus rien, la chute. "Coma", douce mélopée, lent reflet, un écho dans le lointain, réponse imaginaire, légère torpeur hypnotique. Une réflexion solitaire, penché sur un violoncelle, errant dans les limbes, près d’une N.D.E. (Near Death Experience). L’origine du morceau est à chercher loin dans l’univers et l’imaginaire de Eicca Topinen. N’oublions pas le faible de Apocalyptica pour Metallica et les reprises, mais cette fois n’est pas coutume, parmi les trois morçeaux bonus bien séparés des autres, on retrouve "Hall of the moutain king" qui se traduit par Dans la grotte du roi de la montagne, de Edvard Grieg, compositeur norvégien. Morceau extrait de Peter Gynt, où on peut retrouvé La chanson de Solveig, La danse d’Anitra… Prendre un morceau classique et le malmené comme ça, ils se sont fait plaisir. Doucement à pas mesuré, l’antre du roi de la montagne s’ouvre à nous, puis de plus en plus bruyamment, l’inquisition se poursuit, c’est un cauchemar, une splendeur inattendue, grandiose… Puis pour les afficionados du genre, les deux petites reprises de Metallica : "Until it sleeps" et "Fight fire with fire". Comme d’hab, pour trouver Cult, il va falloir chercher…

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