Conçu comme un GTA-like à la sauce Western, Red Dead Redemption est sorti le 21 mai dernier sur Xbox 360 et PS3 et est dores et déjà devenu un vrai hit. Rockstar a troqué les gangsters contre des cowboys charismatiques, à la tentaculaire Liberty City s’oppose les vastes plaines et étendues désertiques calcinées par le soleil…et le résultat est tout simplement sublissime.
Pour assurer la promotion (s’il en est besoin) de son dernier bébé, l’éditeur s’est allié au réalisateur australien John Hillcoat (”La Route”, “The Proposition”) pour créer un court-métrage exclusivement grâce au moteur du jeu. Toutes les scènes sont réalisées avec des in-game assets et de la technologie, ni plus ni moins.
“Red Dead Redemption”, le court-métrage, a été diffusé sur la chaîne américaine Fox le 29 mai dernier, mais la vidéo a déjà filtré sur la toile. Mais attention, si vous venez de vous lancer dans l’aventure aux côtés de John Marston, évitez donc de la regarder, ça pourrait vous spoiler quelques points de scénario.
Red Dead Redemption est un jeu GTA-like typé Far West, développé par Rockstar San Diego. Ce petit jeu Western, la suite de Red Dead Revolver, vous permettra d’incarner John Marston, un ancien hors-la-loi contraint de travailler pour le Bureau - équivalent du FBI au XIXème siècle - afin d’effacer son ardoise de crimes passés et remettre un peu d’ordre dans l’Ouest américain.
Après avoir été reporté, Red Dead Redemption est attendu le 30 avril sur PS3 et Xbox 360.
Une vidéo mise en ligne par l’éditeur Take 2 Interactive nous permet de découvrir les armes, les fusillades et la gestion de la physique. Du revolver à la gatling, en passant par le sniper, le fusil de chasse ou encore les dynamites, l’arsenal sera varié et surtout très efficace. La physique propre à la puissance et à l’orientation de chaque équipement est fidèlement gérée. Ainsi, les tirs influeront différemment sur les ennemis, selon l’endroit de l’impact et la portée. Il sera même possible de tirer dans certains membres pour empêcher une fuite sans tuer sa cible. Enfin, la fonctionnalité du Red Eye est affichée, offrant la possibilité de cibler plusieurs cibles en mode bullet time.
Red Dead Redemption - Les armes
Décidément, un projet à suivre de très près. En attendant sa sortie, on peut toujours profiter de sa bande-annonce :
Un western australien, c’est déjà rare et donc curieux à voir, mais alors écrit par un musicien légendaire comme Nick Cave, c’est à ne pas manquer (quoique avec seulement 17 copies, ce n’est pas gagné).
C’est en effet le chanteur australien qui signe le scénario et la musique de ce film datant de 2005. Quant au réalisateur, il s’agit de son compatriote John Hillcoat dont le dernier long-métrage, “La route”, est sorti récemment. On notera que ce dernier avait déjà réalisé en 1988 un film qu’il avait co-écrit avec Nick Cave et 3 autres scénaristes, dont le guitariste et chanteur Hugo Race : “Ghosts … of the Civil Dead”.
Mais revenons à “The Proposition” qui est un western se déroulant dans les grands espaces désertiques d’une Australie en pleine colonisation. Un magnifique film ténébreux à la photographie splendide. La remise en cause de l’histoire britannique avec le massacre des aborigènes est finement tournée et ne tombe pas dans le mielleux des bons sentiments.
Le casting est à couper le souffle : Guy Pearce, Emily Watson, John Hurt excellents. Et on ne peut guère être surpris devant la violence de certaines scènes : depuis ses débuts en 1984, Nick Cave semble fasciné par la mort et la violence et on se rappellera qu’un de ses meilleurs albums, sorti en 1996, a pour titre “Murder Ballads”. Un film à voir !
Photos de “The Proposition”
Synopsis de “The Proposition”
Dans l’Australie du 19e siècle, le Capitaine Stanley et ses hommes parviennent à capturer deux des quatre frères Burns accusés d’avoir attaqué une ferme, d’avoir violé sa propriétaire et d’avoir tué toute la famille qui y résidait…
Fiche technique de “The Proposition”
Date de sortie cinéma : 16 décembre 2009
Réalisé par John Hillcoat
Avec Guy Pearce, Emily Watson, Ray Winstone, John Hurt
Long-métrage britannique, australien
Genre : Western
Durée : 1h44 min
Année de production : 2005
Distributeur : Bodega Films
Jean Dujardin retrouve James Huth, son réalisateur de “Brice de Nice” et “Hellphone”, pour cette adaptation en hommage des génialissimes Morris et René Goscinny et leur BD culte “Les Aventures de Lucky Luke”.
Hélas, le résultat est assez mitigé.
Les points positifs : le visuel, les décors, les costumes et la musique qui sont vraiment magnifiques. A noter aussi quelques clins d’œil bien placés et l’interprétation de Dujardin qui assume un rôle atypique auquel son talent donne une réelle vie.
Les points négatifs : un scénario assez plat et mince, des blagues et gags ultra prévisibles, et un final sans surprise. Y ajouter également une action longue et ennuyeuse, privée de stress palpable.
On a l’impression qu’à force de vouloir trop bien faire par rapport à Morris et Goscinny, James Huth et sa bande s’enfonce dans un film bien trop bourratif.
Bref, “Lucky Luke” est un film qui avait du potentiel, mais qui a fini par être anéanti par son réalisateur. Une comédie que l’on a déjà oublié 5 minutes après la sortie du cinéma.
Photos de “Lucky Luke”
Synopsis de “Lucky Luke”
Lucky Luke est de retour à Daisy Town. C’est la ville où il la grandit, mais elle a bien changé depuis son enfance. Les méchants font désormais la loi : entre corruption, beuveries et arnaques en tout genre, ils sèment la terreur. Mais Lucky Luke a une mission : rétablir l’ordre à Daisy Town. Au cours de cette nouvelle aventure, “l’homme qui tire plus vite que son ombre” va croiser les chemins de Billy the Kid, Jesse James ou encore Calamity Jane, Belle ou Pat Poker.
Fiche technique de “Lucky Luke”
Date de sortie cinéma : 21 octobre 2009
Réalisé par James Huth
Avec Jean Dujardin, Michaël Youn, Sylvie Testud
Film pour enfants à partir de 6 ans
Long-métrage français
Genre : Comédie, Western
Durée : 1h44 min
Année de production : 2009
Parfois, un titre de film bizarre et ouvertement tape à l’oeil cache un film de qualité. C’est en tout cas le pari réussi de Kim Jee-Woon qui signe avec “Le bon, la brute, le cinglé” un western coréen hommage à Leone sans pour autant tomber dans le pastiche gras ou le plagiat policé et soporifique.
Dans la Mandchourie des années 30, Tae-goo (le cinglé) braque un train. Parmi les voyageurs se trouve un gros ponte de l’armée d’occupation japonaise. Quand Tae-goo lui dérobe sa sacoche, il ne sait pas encore qu’il vient de mettre la main sur la carte d’un fabuleux trésor qui va lui attirer les convoitises des pires bandits de la Chine. Chang-yi, brute sanguinaire sans foi ni loi cherche à tout prix à lui dérober cette carte mais sur sa route se dresse Do-won, un chasseur de prime qui aimerait bien coffrer la brute et le cinglé tout en empochant un morceau du magot. La chasse au trésor peut donc commencer !
Inutile de trop en dire, ce film est grandiose. Le cinéaste coréen prend à bras le corps le mythe du western et dresse une fresque généreuse avec des personnages imposant de charisme dans des décors splendides. Car au final, le western repose sur des codes simples : des histoires de mecs (vengeance, argent, femmes), des fusillades, des chevauchés et des personnages qui ont des gueules qui en imposent.
Les trois héros sont tous impeccables dans leurs rôles, avec leur look et leur attitudes diamétralement opposés mais toujours présentés avec classe et servi par une réalisation assez serrée ( surabondance de plan américain pour mettre en avant ses personnages) qui convient parfaitement au coté clinquant du western. Car au final, quand on veut se divertir, on veut des cowboy qui ont la classe, qui dégomment tous les méchants sans sourciller avec le redingote qui claque au vent, bref, du style ! Et dans ce registre, Le bon, la brute, le cinglé est un vrai régal pour le spectateur.
L’histoire bien que classique reste très bien menée, surtout qu’elle est servie par une pléthore de rebondissements, de lieux différents et de situations qui font qu’à l’issue des 2h10 de projection, on sort étonné de ne pas être resté 3h tellement les évènements sont denses.
Mais pourquoi un tel titre alors ?
Les liens avec l’œuvre de Sergio Leone sont au final assez minces. On retrouve la trame de fond et quelques scènes mythique comme le bon qui traine le cinglé à travers le désert attaché et tiré par son cheval ou alors le célèbre duel final à 3 qui marque le point d’orgue du chassé croisé entre les trois protagonistes du film. Mais Kim Jee-Woon ne se limite pas à un simple pot pourri de l’univers du western spaghetti et y apporte une nouvelle dimension avec plusieurs scènes d’anthologie dont la plus impressionnante reste une charge de cavalerie complètement déjanté, pur délire cinématographique tellement rare en ces temps de conformisme visuel.
Au final, le film se place au delà du simple hommage et se veut un pur moment de divertissement qui fait fi de ses quelques longueurs pour donner du plaisir à l’état brut au spectateur, bref, de loin le meilleur film de l’année 2008 à mon sens qui mérite d’être dégusté sur un grand écran.
Fiche Technique
Titre du film (France) : Le Bon, la brute, le cinglé
Titre du film (original) : Joheunnom nabbeunnom isanghannom
Date de sortie (France) : 17 décembre 2008
Réalisateur : Kim Jee-Woon
Casting :
Le Bon : Jung Woo-Sung
La Brute : Byung-hun Lee
Le Cinglé : Song Kang-Ho
S’il est bien un genre cinématographique que j’aime, c’est le western. Pour autant, faire de nos jours un western réussi relève de la gagure tant le sujet a été vu et revu dans tous les sens.
Dans Appaloosa, Ed Harris repasse derrière la caméra et signe ici son deuxième film en tant que réalisateur, après “Pollock” en 2003. Ce coup-ci, c’est un roman, Appaloosa de Robert B. Parker, qui passe dans les mains de l’acteur.
Appaloosa est une ville du Nouveau-Mexique où la loi du Colt est souvent la plus forte. Un puissant propriétaire terrien, Randall Bragg (Jeremy Irons), n’hésite pas à dessouder le sheriff et ses adjoints qui venaient pour arrêter deux de ses hommes. Devant une ville sans loi ni ordre, les notables font alors appel à Virgil Cole (Ed Harris) et Everett Hitch (Viggo Mortensen), deux fines gâchettes dont le travail est de rétablir l’ordre dans les villes. Leurs méthodes expéditives ainsi que leur amitié indestructible mettent la ville au pas. Pour autant, Bragg est loin du bandit de grand chemin et il mettra des batons dans les roues du duo, surtout que l’arrivée d’une jeune veuve en ville, Allison French (Renée Zellweger), vient compliquer la tâche de Virgil Cole…
Appaloosa est un western, un vrai, pur jus. Tous les codes y sont : les grands espaces, les bagarres au saloon, les bandits, les justiciers, les traitres, les indiens et la jolie demoiselle. De ce coté, on est en territoire connu, pas de (mauvaise) surprise à vouloir moderniser le tout. En revanche, là où le film se différencie, c’est dans son réalisme revendiqué et parfaitement assumé : Les combats sont rapides et brouillons, les justiciers sont des super gâchettes sans culture qui ne savent pas parler aux femmes ou qui essaient de faire de belles phrases comme dans les livres sans pour autant en comprendre le sens (Viggo Mortensen lâchera après une tirade alambiquée “Vous n’avez pas compris ? Moi non plus d’ailleurs, bonne journée” )
Bref, Ed Harris écorne gentiment le mythe de l’Ouest où les cowboy étaient des flingueurs joli coeur, qui faisaient régner l’ordre tout en faisant chavirer le cœur des dames. Cela donne des dialogues souvent savoureux, parfois drôles mais qui sonnent juste et bien plus crédible à une époque où savoir manier une arme était plus important que de savoir lire.
Dans le rang des réussites du film, on notera l’étonnant duo Ed Harris / Viggo Mortensen. Compagnon d’arme depuis 12 ans, leur amitié, leur confiance et respect mutuel transpirent à l’écran d’une fort belle manière. L’autre grand atout du film revient au traitement de la femme. Le rôle de Renée Zellweger illustre bien une époque ultra violente où les femmes n’avaient pas leur mot à dire. Du coup, elle s’émancipe assez vite du simple rôle de la garce de service pour celui de la femme apeurée par ce monde machiste et violent.
Appaloosa n’est pas pour autant un chef d’oeuvre incontesté. Des lenteurs scénaristiques viennent plomber le tableau et les vingts dernières minutes du film sont “de trop”. Ed Harris livre une réalisation soignée et sobre mais il a pêché par gourmandise sur le scénario et on a un peu l’impression qu’il a voulu trop en faire. Dommage, car le spectateur décroche par moment. De même, le traitement de l’histoire laisse assez peu de place à l’action “traditionnelle” donc si vous voulez un western violent où ça canarde, vous pouvez passer votre chemin.
Mais si ces points ne vous rebutent pas, alors foncez voir Apaloosa. Son histoire originale, ses personnages attachants et son incroyable casting valent le détour, pour peu que vous aimiez le western !