Si une grande majorité des adaptations cinématographiques tirées des écrits de James Ellroy (American Tabloïd, American Death Trip, Le Dahlia Noir,…) n’a pas souvent donné naissance à des chefs-d’œuvre, voire même, plus simplement, à de bons films, il faut certainement blâmer les studios et les réalisateurs qui se sont montrés jusqu’à présent incapables de saisir l’essence même des hypnotiques romans de Big Jim.
Pour s’en persuader, il suffit de dresser une liste non exhaustive des films tirés de ses œuvres: Cop (adapté de Lune sanglante), L.A. Confidential, Dark Blue (scénario original), Le Dahlia Noir,…en l’occurrence, des films moyens, voire mauvais, très en décalage par rapport à la profondeur abyssale des travaux du maître. Des livres prétendument inadaptables, car même le grand Brian De Palma s’est planté dans les grandes largeurs avec le Dahlia Noir.
C’est donc maintenant au tour de David Ayer, scénariste (Harsh Times, SWAT, Dark Blue, Training Day,…) et réalisateur de Harsh Times (avec Christian Bale) de foncer droit dans le mur avec son deuxième film: Street Kings. Doté d’un casting cinq étoiles, composé entre-autres de Keanu Reeves, Forest Whitaker, Hugh Laurie (le seul et l’unique Dr. House), ainsi que de quelques rappeurs (The Game et Common), le film prend place dans un Los Angeles gangréné par les gangs et les flics ripoux, dont l’inspecteur Tom Ludlow (Keanu Reeves) fait partie. Traumatisé par la mort de sa femme et imbibé d’alcool du matin au soir, ce dernier tente d‘exercer son métier de flic borderline tout en essayant de survivre dans cette jungle urbaine où la limite entre forces de l’ordre et gangs est mince, parfois inexistante.
Bande annonce d’Au Bout de la Nuit [fr]
Usant et abusant de méthodes musclées et moralement discutables, le détective Ludlow jouit cependant d’une certaine immunité, assurée par son supérieur, le capitaine Jack Wander, incarné par le toujours excellent Forest Whitaker. Jusqu’au jour ou l’ex-équipier du “héros”, devenu délateur en collaborant avec les affaires internes, meurt violemment et dans des circonstances pas très nettes, en présence de Ludlow, venu lui remettre les pendules à l’heure. S’ensuit alors une chasse à l’homme ou de nombreux masques seront amenés à tomber.

Keanu Reeves en mauvaise position !
Vous l’aurez, compris, pour l’originalité, faudra repasser. En effet, difficile de défendre un scénario aussi convenu, vu et revu des centaines de fois. Le coup du flic véreux qui se rachète une conscience, oui…mais non merci. Et encore, le twist final ne vient que confirmer ce que les plus habitués auront grillé dès le début: les gentils ne le sont pas toujours et les méchants…pareil! Ni très couillu, ni très élégant, Street Kings se pose comme un simple film policier sans réel intérêt, bourré de clichés, aux personnages caricaturaux voire clownesques. Cependant, le film est sauvé par la qualité de l’interprétation (Big up Dr. House!!!), par des scènes d’action bien rythmées et…c’est tout! Pour s’en convaincre, il vous suffit de mater n’importe quel épisode de le gigantesque série “The Shield”, pour comprendre ce qu’est L.A., ses rues, ses flics et ses voyous.

Affiche de “Au bout de la Nuit” (Street Kings)
Sortie en Belgique le 14 mai 2008
Sortie en France le 25 juin 2008




Dès les premiers plans, on s’en prend plein les yeux. Le duo Coen maitrise à la perfection la réalisation, magnifié par le boulot de Roger Deakins, leur directeur de la photographie attitré. L’ouest américain, mille fois filmé, est d’une beauté à couper le souffle, mélange de solitude, de sauvagerie et de liberté. Puis survient le premier meurtre, une scène de strangulation particulièrement dure, plan séquence sur le corps qui se débat et le regard fou du meurtrier. Les thèmes du film sont donnés : la violence du monde et sa bestialité primaire.






Frontière(s) nous ramène en 2005, second tour des élections où Le Pen apparait comme le grand gagnant. Une bande profite du chaos ambiant pour se faire un petit braquage. Histoire de se faire oublier, ils se mettent au parfum quelque temps dans un bled campagnard paumé. Tragique erreur, les gentils paysans, sans doute rendu fou par les dictats de Bruxelles et la victoire proche du FN peuvent enfin donner libre cours à leurs plaisirs perso : tuer du djeunz et accessoirement, le bouffer. 




