Mamoru Oshii a été connu dans nos vertes contrée avec les long métrages d’animation Ghost in The Shell, Innocence ou encore Patlabor. Après une incursion réussi dans le cinéma “live” avec Avalon et plus récemment avec son délire culinaire Tachiguishi Retsuden, Oshii retourne à l’anime avec The Sky Crawlers, nouveau long métrage d’animation prévu pour le 02 aout 2008 au Japon.
Dans un présent “alternatif”, Yuichi Kannami est un pilote de combat en pleine guerre. Lui et ses compagnons de lutte sont des Kildren, leurs corps restent celui d’adolescent et ne vieillissent plus. Engagés dans un combat à mort initié par les adultes, ils vivent leur vies au jour au jour, cherchant leur place dans le monde.
The Sky Crawlers est un roman de l’écrivain japonais Mori Hiroshi. Le livre a cartonné au Japon et s’est vendu à plus de 8 millions d’exemplaires. L’histoire s’étale sur 5 tomes, sortis entre 2001 et 2007. Pour la partie technique, Oshii travaille une fois de plus avec Production IG, déjà responsable de tous ses films d’animations. On retrouve Tetsuya Nishio au character design, il a travaillé sur Innocence, Jin-Roh et la seconde saison de la série Ghost in The Shell Stand Alone Complex (2n GIG), pour la musique, pas de surprise, on a Kenji Kawai, le musicien attitré de Oshii qui s’est occupé des partitions de tous ces films jusqu’à présent.
L’équipe et l’histoire semblent bien huilées, ça devrait donner un film d’action moins prise de tête que les précédentes œuvres de Oshii (c’est lui même qui le dit) avec une bonne dose d’action et de gunfight. Et pour une sortie en France, la Warner pourrait s’en charger car une sortie mondiale est dans l’air, même si rien de concret n’est pour l’instant annoncé.
Fiche Technique
Oeuvre originale de Hiroshi Mori
Réalisateur : Mamoru Oshii
Scénariste : Chihiro Ito
Musique : Kenji Kawai
Chara Design : Tetsuya Nishio
Animation Production: Production I.G
Le BIFFF nous réserve tous les ans sont petits lots de surprise, cette année, ce fut Vexille, projeté dans le cadre de la Japanimation Day. Vexille est un long métrage en CG de Fumihiko Sori (réalisateur du live de Ping Pong).
Vexille nous transporte en 2077. Une équipe d’élite anti terroriste, le S.W.O.R.D a une piste sur un trafic d’androïde qui les mène tout droit vers le Japon. Petit hic, le Japon est complètement fermé à l’extérieur depuis 10 ans. Que c’est-il passé sur l’Archipel depuis que la puissante entreprise Daiwa a fermé le pays sur le monde ?
Vexille et son compagnon, Léon, membre du SWORD Maria, Chef de la résistance à Tokyo
Vexille est le dernier projet de Sori, producteur entre autre de Appleseed CG (le premier opus de la triologie Appleseed Saga). Les similitudes entre les deux oeuvres ne manquent pas. Ils sont en images de synthèse ( CG alias Computer Graphics), Appleseed est une adaptation du manga de Masamune Shirow et Vexille pioche allègrement dans les thématique du mangaka, on a deux héroïnes, Dunan d’un coté et Vexille de l’autre et enfin, les bandes sons ont le plaisir de voir Boom Boom Satellites sur les deux oeuvres.
Mais alors que Appleseed CG avait été une très bonne surprise à sa sortie en 2004, qu’en est-il de Vexille, sortie le 18 aout 2007 dernier ?
Le film s’ouvre sur une scène d’action bien punch. La qualité des modèles et l’animation sont de très bonnes factures, les décors en revanche font tiquer. La réalisation tient la route, explosions de partout et big beat de Boom Boom Satellites dessus, on se dit: “Ha ! ca commence bien”
Le pitch se met en place, pour une fois, les américains sont les héros et le Japon éveille la curiosité, avec son isolement digne de l’ère Edo. Sauf qu’une fois à Tokyo, l’histoire s’embourbe d’invraisemblances et de lenteur. La méga corporation Daiwa qui vend des robots dans le monde entier et qui maintient le Japon sous sa dictature n’est pas crédible à aucun moment, ses bureaux sont vides et le méchant de service, Saito, semble être le seul à faire quelque chose dans cette multinationale. La résistance menet à Maria a un plan d’attaque complètement caduque et les habitants de Tokyo réagissent de manière irrationnelle. Bref, l’histoire devient rapidement une excuse à scènes d’action, par toujours réussi malheureusement.
Les robots d’attaque de la Daiwa Corporation Léon dans son exosquellette
Le pitch basique : Vexille + rebelles = sauver le monde n’aurait pas posé de problème si seulement le rythme avait été soutenu. Las, on tombe dans les travers de l’animation japonaise : Vexille débarque en territoire inconnu et au lieu de bombarder ses hôtes de questions, elle reste dans un mutisme autiste, laissant les questions sans réponses. Alors quand les supers retournements de situation aurait pu être élucidé par une simple question directe, on se sent floué. Ensuite, bien que les modèles soient soignés, l’animation est assez inégale; elle est très réussie dans les passages en exosquelette mais elle reste assez moyennes dans les mouvements des personnages (vêtements, mouvements des mains…). De même les décors sont tout simplement ratés et font plus penser à un vieux jeu vidéo qu’à un film sorti en 2007.
Dommage, car le pitch était très excitant, le chara design est bon et qu’il y a quelques scènes très réussies (l’attaque du chateau et la course poursuites au marché entre autres). Mais pleins de bon petits éléments ne font pas forcément un bon film. Vexille aurait été un excellent moyen métrage, mais son manque de consistance le pénalise irrémédiablement en format long métrage.